OPESPO

OPificio di ESposizione POtenziale

3·1 — L’Ancien Tribunal de Plymouth, New Hampshire, 1860. Daniel Webster, 1806.

Une photographie datée de 1860, publiée dans History of Plymouth, New Hampshire (1906). Le bâtiment représenté : l’Old Grafton County Courthouse, reconverti en atelier de charron (wheelwright shop) après avoir été déplacé au sud du village.

Le bâtiment

Construit en 1774, à l’angle de Russell et Pleasant Streets, Plymouth NH — l’un des deux tribunaux du Comté de Grafton. En 1823, il est remplacé par un bâtiment en brique plus solide. L’ancien bâtiment est physiquement déplacé et reconverti en atelier artisanal. En 1860, la photographie le montre dans ce nouvel usage — un bâtiment qui a changé de vocation mais pas de place dans la mémoire locale.

Daniel Webster ici, 1806

En 1806, un jeune avocat de 24 ans, natif du New Hampshire, plaide l’un de ses premiers procès dans ce tribunal : Daniel Webster.

Il perd. Son client est pendu.

Il n’en deviendra pas moins l’un des plus grands orateurs et politiciens américains de la première moitié du XIXe siècle — sénateur du Massachusetts, deux fois Secrétaire d’État, figure centrale du droit constitutionnel américain dans les décennies qui précèdent la guerre civile.

La photographie comme mémoire du lieu

En 1860, quand cette photographie est prise, Webster est mort depuis huit ans. Lincoln vient d’être élu président. Dans quelques mois, il passera non loin de Plymouth lors de son voyage inaugural vers Washington.

La photographie documente un bâtiment ordinaire devenu atelier. Mais la légende — “where Daniel Webster made his first Plea for Jury” — transforme l’image : le bâtiment ordinaire devient lieu de mémoire, le premier échec d’un grand homme devient fondation d’une légende.

C’est exactement ce que fait la photographie américaine des années 1860 : fixer les lieux avant qu’ils ne disparaissent, construire une mémoire nationale à partir de bâtiments, de portraits, de batailles.

Exercice de lecture

– Identifier le procédé : tirage sur papier salé ou albumine — 1860
– Lire la légende : elle donne le sens, sans elle le bâtiment est anonyme
– Comprendre l’usage : documentation historique locale, publiée 46 ans plus tard
– Relier au contexte : 1860, année de l’élection de Lincoln, veille de la guerre civile

Code ECP : 3·1 — période 3 (1860-1870), région 1 (États-Unis/Nouvelle-Angleterre).

La deuxième vie du bâtiment

Dans les années 1870, le bâtiment centenaire est abandonné et en mauvais état. Mais son lien avec les débuts de Daniel Webster attire l’attention d’Henry W. Blair, Congressman et futur Sénateur du New Hampshire, qui l’achète en 1876.

Blair le fait déplacer à son emplacement actuel, le rénove, puis le donne à la Young Ladies’ Library Association pour en faire une bibliothèque publique. Le petit bâtiment abrite la bibliothèque de Plymouth jusqu’en 1991, date à laquelle la Pease Public Library actuelle est construite.

Depuis, le bâtiment historique accueille le Plymouth Historical Museum.

Un bâtiment de 1774 — tribunal, atelier de charron, bibliothèque, musée. Chaque transformation documentée. La photographie de 1860 fixe l’un de ces états intermédiaires, entre la justice et l’artisanat, avant la renaissance culturelle.

2·33 — Nadar et les acteurs des théâtres de boulevard, Paris, 1853

En 1853, Gaspard-Félix Tournachon, dit Nadar (1820-1910), n’est pas encore le photographe des célébrités du tout-Paris. Il est un caricaturiste reconnu, collaborateur du Charivari et du Journal pour rire, qui vient de découvrir la photographie comme prolongement de son regard sur les visages et les personnages de son époque.

Son premier studio, rue Saint-Lazare, accueille une clientèle de bohèmes, d’artistes et d’acteurs — les gens du spectacle, du théâtre de boulevard, du music-hall naissant.

Les théâtres de boulevard

Le “boulevard du Crime” — le Boulevard du Temple — est au cœur de la vie théâtrale populaire parisienne. Les théâtres se succèdent : les Funambules (les mimes, Deburau), la Gaîté, l’Ambigu-Comique, les Délassements-Comiques. Acteurs, acrobates, mimes, chanteuses — toute une humanité du spectacle que Nadar va photographier avant que les grands travaux d’Haussmann ne rasent le boulevard en 1862.

1853 : les théâtres sont encore vivants. Nadar y va, il connaît ces gens, il a caricaturé certains d’entre eux. Il les photographie avec la même attention mordante qu’il mettait dans ses dessins.

Le portrait comme reconnaissance

Avant Nadar, le portrait photographique était solennel, figé, officiel. Nadar introduit une relation différente avec son sujet : il connaît ses modèles, il parle avec eux, il attend le moment où le visage révèle quelque chose de vrai.

Les acteurs de boulevard n’ont pas peur de l’objectif. Ils vivent du regard des autres. Ils donnent à Nadar ce qu’il cherche — une présence, une personnalité, pas une pose.

Exercice de lecture

– Identifier le procédé : calotype ou collodion humide → 1852-1855
– Reconnaître le style Nadar : lumière directe, fond neutre, regard frontal, absence de mise en scène
– Dater : avant 1862 (démolition du boulevard du Temple par Haussmann)
– Comprendre le contexte : photographe et caricaturiste, le même œil

Code ECP : 2·33 — période 2 (1850-1870), région 33 (France/Paris).

2·33 — Caserne du Château d’Eau « Prince Eugène », Paris, c.1854

Caserne Prince Eugene, chantier c.1854
Caserne du Château d’Eau « Prince Eugène », Paris, c.1854. Albumine ~18×12 cm.
Légende manuscrite
Détail : légende manuscrite et affiches sur les palissades du chantier.

Épreuve albuminée, 18×12 cm, montée sur carton beige. En bas, à la main, cursive de fonctionnaire : “caserne du Château d.Eau « Prince Eugène »”.

Le chantier

La Caserne du Château d’Eau, rebaptisée Caserne Prince Eugène — aujourd’hui Caserne Vérines, place de la République — est construite entre 1854 et 1857. Elle fait partie du grand dispositif haussmannien de réorganisation militaire de Paris : contrôler les quartiers populaires du nord-est, neutraliser les foyers d’insurrection.

La photographie montre le chantier en pleine activité : deux grues métalliques à treillis, blocs de pierre empilés, palissades couvertes d’affiches immobilières — locations, ventes, hôtels meublés. Le quartier est en transformation, les anciens commerces se relocalisant.

La photographie de chantier comme genre

Dès les années 1850, les grandes administrations parisiennes commandent des albums photographiques de leurs chantiers. Chaque étape documentée : fondations, structure, achèvement. La légende manuscrite soignée — main de fonctionnaire des Bâtiments de Paris — confirme l’usage officiel de ces épreuves.

Charles Marville, photographe du Musée Impérial du Louvre, est le spécialiste de cette documentation. Ce style, cet angle en surplomb, ce format — caractéristiques de sa production des années 1854-1857.

Les affiches sur les palissades

Lisibles en HD : annonces de locations, d’hôtels, de maisons à vendre. Le chantier haussmannien déplace une population entière — les palissades deviennent le tableau d’affichage des déplacés qui cherchent à se reloger.

Un document social autant qu’architectural.

Exercice de lecture

– Identifier le format : carte album (~18×12 cm), albumine sur carton
– Lire la légende manuscrite : cursive officielle, nom du bâtiment, titre honorifique
– Dater : chantier 1854-1857 — épreuve c.1854 (fondations et première structure)
– Observer les détails : affiches, grues, ouvriers, immeubles déjà construits

Code ECP : 2·33 — période 2 (1850-1870), région 33 (France/Paris haussmannien).

3·33 — L. Lafon, Stand n°9, Exposition Universelle de Paris, 1867

L. Lafon — Stand n°9, Exposition Universelle Paris 1867
L. Lafon — Stand n°9, Exposition Universelle de Paris, 1867. Grand tirage albumine ~40×32 cm.
Signature L. Lafon
Détail de la signature : L. Lafon, bas droit du tirage.

Grand tirage albumine non monté, environ 40×32 cm. En bas à droite, la signature : “L. Lafon”. Au premier plan : le stand numéro 9 — vitrine de forge ou coutellerie, boiseries rococo, établi, enclume, soufflet, outils.

L. Lafon — photographe des expositions industrielles

L. Lafon est répertorié dans le dictionnaire des photographes français (Le Grand Durand). Spécialisé dans la documentation industrielle et les expositions universelles, il travaille dans les années 1860-1870 pour des commanditaires institutionnels ou des exposants qui souhaitent conserver une trace visuelle de leur participation.

L’Exposition Universelle de Paris, 1867

La grande exposition de Napoléon III réunit 52 000 exposants sur le Champ-de-Mars. Pour la première fois, les stands industriels sont systématiquement photographiés — à la fois pour les catalogues officiels et pour les exposants eux-mêmes, qui commandent des tirages en souvenir de leur participation.

Le stand n°9 présente un atelier de forge ou de coutellerie reconstitué : enclume, soufflet, outils au mur, boiseries rococo du pavillon français. La lumière zénithale traverse les verrières de la grande nef. À travers la porte vitrée, d’autres stands de l’exposition.

La photographie industrielle comme nouveau genre

Avant 1850, la photographie documente les monuments, les portraits, les paysages. À partir des Expositions Universelles (Londres 1851, Paris 1855, 1867), un nouveau genre émerge : la photographie industrielle. Documenter les produits, les machines, les procédés de fabrication.

Lafon travaille dans ce genre : pas d’artistique, pas de composition, mais une précision documentaire — montrer l’objet, l’espace, le contexte.

Exercice de lecture

– Identifier le format : grand tirage non monté, sans carton → documentation professionnelle
– Lire la signature : position, style, nom
– Comprendre le contexte : exposition universelle, stand numéroté
– Dater : boiseries rococo du Second Empire → 1867

Code ECP : 3·33 — période 3 (1860-1870), région 33 (France/Paris).

2·39 — Firenze, Anfiteatro di Boboli. Albumine, c.1870. Alinari ou Brogi.

Firenze — Anfiteatro di Boboli, albumine c.1870.
Firenze — Anfiteatro di Boboli, albumine c.1870.
Légende imprimée : FIRENZE. Anfiteatro di Boboli.
Légende imprimée : FIRENZE. Anfiteatro di Boboli.

Grande épreuve albuminée sur carton. Au bas, imprimé : “FIRENZE. Anfiteatro di Boboli.”

L’Anfiteatro di Boboli

L’Anfiteatro di Boboli est le cœur monumental du jardin de Boboli, derrière le Palazzo Pitti. Conçu au XVIe siècle pour les spectacles des Médicis, il est restructuré au XVIIe siècle sous sa forme ovale actuelle. En son centre : un obélisque égyptien de la Villa Medici et une fontaine à vasque de granit provenant des Thermes de Caracalla.

La vue photographiée — depuis la loggia supérieure en plongée sur l’ovale — est l’une des plus reproduites par les grandes maisons photographiques florentines.

Alinari et Brogi — l’industrie photographique italienne

Dans les années 1860-1880, deux maisons dominent la photographie monumentale en Italie :

Fratelli Alinari (fondée 1852) — la plus ancienne et la plus importante. Leur catalogue couvre toute l’Italie : architecture, sculpture, peinture, paysage. Numéros de négatifs souvent visibles en bas à droite.

Giacomo Brogi (actif 1860-1900) — concurrent direct d’Alinari, spécialisé dans les vues toscanes. Qualité comparable, style légèrement plus commercial.

Ces deux maisons transforment la photographie monumentale en industrie : catalogue, distribution, tourisme culturel.

Le titre imprimé comme garantie

L’indication “FIRENZE. Anfiteatro di Boboli.” imprimée sur le carton est la marque de fabrique des grandes maisons : identification précise, présentation soignée, pour un marché de collectionneurs et de voyageurs cultivés.

Exercice de lecture

– Identifier le format : albumine sur carton imprimé → grande maison photographique
– Lire la légende : lieu, sujet, nom de la maison (si visible)
– Dater : style du carton, typographie → 1865-1880
– Comprendre le marché : tourisme culturel, Grand Tour photographique

Code ECP : 2·39 — période 2 (1850-1870/1880), région 39 (Italie/Florence).

2·33 — Charles Soulier, Suisse et Savoie, Photographe de l’Empereur, c.1865

Ch. Soulier — Lac alpin, Suisse/Savoie, format ovale, c.1865.
Ch. Soulier — Lac alpin, Suisse/Savoie, format ovale, c.1865.
Ch. Soulier — Cascade alpine, format ovale, c.1865.
Ch. Soulier — Cascade alpine, format ovale, c.1865.

Deux épreuves albuminées au format ovale, montées sur carton. Au bas : “Ch. Soulier / Photog. de l’Empereur / Suisse · Savoie / Publié à Paris, 191 Boulevard Sébastopol”.

Le photographe de l’Empereur

Charles Soulier (actif 1857-1875) est le spécialiste des vues stéréoscopiques et des albums de voyage sous le Second Empire. Son titre — Photographe de l’Empereur — date ses travaux d’avant 1870, la chute de Napoléon III.

Son adresse, 191 Boulevard Sébastopol, le place dans le Paris haussmannien au cœur de la production photographique commerciale.

La Suisse et la Savoie comme destination de luxe

La Savoie est rattachée à la France en 1860. Immédiatement, elle devient une destination touristique de premier plan pour la bourgeoisie du Second Empire : thermes, hôtels de montagne, lacs, cascades. Les grandes maisons photographiques y envoient leurs opérateurs pour constituer des albums vendus aux voyageurs.

Soulier documente deux sujets :
– Un lac avec vapeur à l’horizon — probablement le lac Léman ou le lac du Bourget
– Une cascade alpine majeure — probablement la Cascade du Rouget ou Pissevache en Valais

Le format ovale

Le format ovale est une convention esthétique du Second Empire : il arrondit la composition, adoucit les bords, donne à l’image un aspect de médaillon précieux. Utilisé surtout pour les portraits, Soulier l’applique aux paysages — une élégance commerciale calculée.

Exercice de lecture

– Identifier le format : ovale, albumine sur carton → convention esthétique 1860-1870
– Lire le carton : photographe, titre officiel, adresse, région
– Dater : “Photographe de l’Empereur” → avant 1870
– Comprendre le marché : albums de voyage, tourisme de luxe, souvenir alpin

Code ECP : 2·33 — période 2 (1850-1870), région 33 (France/Savoie).

2·33 — Charles Nègre, Cloître Saint-Trophime, Arles, négatif c.1852. Tirage Sudre.

Charles Nègre — Cloître Saint-Trophime, Arles, négatif c.1852. Tirage Jean-Pierre Sudre.
Charles Nègre — Cloître Saint-Trophime, Arles, négatif c.1852. Tirage Jean-Pierre Sudre.

Grand tirage sur papier. En bas à droite, à mano : “C. N. / arles”. La firma di Charles Nègre sul tirage stesso.

Charles Nègre à Arles

Charles Nègre (1820-1880) est né à Grasse. Peintre avant d’être photographe, il découvre la photographie en 1844 et devient l’un des maîtres du calotype français. Entre 1851 et 1853, il parcourt le Midi — Arles, Aigues-Mortes, Nîmes, Chartres — pour constituer une œuvre monumentale sur l’architecture médiévale française.

Le cloître de Saint-Trophime d’Arles est l’un de ses chefs-d’œuvre : colonnes jumelles à chapiteaux historiés, arcs en plein cintre, lumière rasante qui découpe les ombres avec une précision sculpturale. Nègre maîtrise comme nul autre la lumière intérieure difficile.

Original et tirage postérieur

Ce tirage n’est pas d’époque. Il a été réalisé par Jean-Pierre Sudre (1921-1997) — photographe et imprimeur qui a tiré des épreuves modernes à partir de négatifs historiques. Le négatif original de Nègre existe ; Sudre en a tiré des épreuves de qualité muséale.

La distinction est capitale pour le collectionneur et pour l’historien :
Négatif : c.1852, par Nègre
Tirage : c.1970-1990, par Sudre d’après le négatif original

La pièce reste précieuse — tirage d’auteur, pas reproduction mécanique — mais la datation change totalement.

Exercice de lecture

– Identifier la signature : “C. N. / arles” → Charles Nègre, Arles
– Reconnaître le lieu : cloître roman, colonnes jumelles → Saint-Trophime
– Distinguer négatif et tirage : quand a été fait ce tirage ? Par qui ?
– Comprendre la valeur : un tirage Sudre d’après Nègre — pas un original, mais pas une copie ordinaire

Code ECP : 2·33 — période 2 (1850-1870) pour le négatif, région 33 (France/Arles).

2·39 — Venezia, Ponte dei Sospiri. Papier salé, c.1852. Enquête ouverte.

Venezia — Ponte dei Sospiri, papier salé c.1852. Auteur non identifié.
Venezia — Ponte dei Sospiri, papier salé c.1852. Auteur non identifié.

Une feuille volante. Pas de carton, pas de cachet photographe. En bas, à la main, en cursive : “Ponte dei Sospiri”. Au verso : blanc. Un petit cercle au crayon — peut-être un numéro d’inventaire de collection.

La pièce

Grand tirage sur papier salé, environ 28×20 cm. La tonalité froide gris-bleu, l’absence de montage, les coins légèrement détériorés — tout pointe vers les années 1851-1856. L’un des premiers photographes à avoir systématiquement documenté Venise.

Les candidats

Qui photographiait Venise entre 1851 et 1856 ?

Domenico Bresolin (1813-1899) — premier photographe vénitien, actif dès 1850. Ses tirages sur papier salé non montés correspondent exactement à ce format et à cette époque.

John Ruskin et son photographe John Hobbs — Ruskin était à Venezia en 1851-1852 pour The Stones of Venice. Il fece fotografare sistematicamente i monumenti per la sua ricerca. Questa vista del Ponte dei Sospiri è esattamente l’angolo documentato per il suo libro.

Carlo Ponti — mais ses tirages sont généralement montés sur carton plus tardif.

L’enquête

La pièce est orpheline. Le titre manuscrit est élégant — main cultivée, probablement anglaise ou française. L’album d’origine a été démembré. Le numéro au crayon au verso pourrait permettre de retrouver d’autres feuilles du même lot.

C’est un exercice d’enquête réelle : à partir d’une image sans signature, retrouver l’auteur, le contexte, la provenance.

Exercice de lecture

– Identifier le procédé : papier salé, pas d’albumine — tirage précoce
– Dater : absence de carton, tonalité froide → 1851-1856
– Lire les indices : titre manuscrit, numéro au crayon, format
– Ouvrir l’enquête : comparer avec les séries connues de Bresolin et Hobbs

Code ECP : 2·39 — période 2 (1850-1870), région 39 (Italie/Venise). Enquête ouverte.

2·39 — Pio IX fotografato dai Fratelli D’Alessandri, Roma, c.1865

Pio IX — CDV Fratelli D'Alessandri, Roma, c.1865. Recto.
Pio IX — CDV Fratelli D’Alessandri, Roma, c.1865. Recto.
Verso : studio D'Alessandri, Via del Corso, Roma.
Verso : studio D’Alessandri, Via del Corso, Roma.

Una carte de visite albumina. Al verso : “Fratelli D’Alessandri / Roma — Via del Corso dal 10 al 14 / Ritratti Originali di SS. PIO IX / Stéréoscopi — Istantanei”. L’aquila papale in verde.

Il fotografo del Papa

I Fratelli D’Alessandri erano i fotografi ufficiali del Vaticano dal 1858. Il loro studio sulla Via del Corso era il punto di riferimento per chiunque volesse un ritratto di Pio IX — e milioni di fedeli in tutto il mondo lo volevano.

Pio IX (1792-1878) è il papa dal pontificato più lungo della storia — 31 anni, dal 1846 al 1878. La sua immagine è stata riprodotta in migliaia di formati : stampe, medaglie, ceramiche, e soprattutto fotografie.

La CDV come industria devozionale

La carte de visite (CDV), inventata da Disdéri nel 1854, trasforma il ritratto fotografico in oggetto di massa. I pellegrini che arrivano a Roma comprano la CDV del Papa come souvenir sacro. Le missioni cattoliche la diffondono in Africa, Asia, America Latina.

D’Alessandri stampa migliaia di copie dallo stesso negativo. Il Papa seduto alla scrivania con il crocifisso — posa calcolata, devota, rassicurante. La fotografia come strumento di potere spirituale.

“Déposé” — il diritto d’autore fotografico

In basso a sinistra sul recto : “Déposé”. Il fotografo deposita l’immagine per proteggerla dalla copia. Ma la copia avviene comunque — centinaia di fotografi in Europa e nelle Americhe riproducono il ritratto papale senza autorizzazione.

Esercizio di lettura

– Identificare il formato : CDV (~10×6 cm), albumina su carton
– Leggere il verso : fotografo, indirizzo, titolo ufficiale, anno approssimativo
– Comprendere l’uso : devozione, propaganda, souvenir, industria
– Confrontare : quante versioni dello stesso soggetto esistono ?

Codice ECP : 2·39 — periodo 2 (1850-1870), regione 39 (Italia/Roma).

2·33 — Charles Marville, Grille du Bois de Boulogne, c.1856

Marville — Grille du Bois de Boulogne, recto
Ch. Marville — Grille du Bois de Boulogne, c.1856. Grand tirage albumine format impérial (~50×36 cm).
Cachet Marville — Photographe du Musée Impérial du Louvre
Détail du cachet au verso : “Ch. Marville / Photographe / du Musée Impérial / du Louvre”
Verso — format impérial
Verso — carton blanc épais, format ~50×36 cm.

Un grand tirage albumine sur carton blanc, format impérial — 50×36 cm. Au verso, un cachet en relief : “Ch. Marville / Photographe / du Musée Impérial / du Louvre”.

Le photographe de l’Empire

Charles Marville (1813-1879) est le photographe officiel du renouveau parisien sous Napoléon III. Chargé de documenter les grands travaux d’Haussmann — les rues démolies, les nouvelles perspectives, les parcs réaménagés — il constitue l’archive visuelle d’une ville en transformation radicale.

Son titre : Photographe du Musée Impérial du Louvre. Une caution institutionnelle au sommet.

Le Bois de Boulogne

En 1852, Napoléon III cède le Bois de Boulogne à la Ville de Paris. Haussmann le transforme en parc public à l’anglaise : allées, lacs artificiels, pavillons, grilles monumentales. Entre 1852 et 1858, le Bois change de visage.

Cette grille en fer forgé rococo — piliers à vases, ferronneries dorées, pavillon octogonal — est l’une des entrées monumentales du Bois réaménagé. Marville en fait un portrait solennel, presque architectural.

Le grand tirage comme document officiel

Format impérial. Carton blanc épais. Cachet en relief au verso. Ce n’est pas une photographie vendue au public — c’est un document de commande officielle, destiné à un album administratif ou à l’Administration des Domaines impériaux.

La photographie comme instrument de gouvernement : prouver, archiver, légitimer les travaux publics.

Exercice de lecture

Identifier le format : impérial (~50×36 cm), albumine sur carton blanc
Lire le cachet au verso : titre, institution, époque
Dater : “Musée Impérial” → Second Empire → 1852-1870
Comprendre l’usage : documentation officielle des grands travaux parisiens

Code ECP : 2·33 — période 2 (1850-1870), région 33 (France/Paris).

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