OPESPO

OPificio di ESposizione POtenziale

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# Analyse Photocyborg

Ce que je vois

Une vue stéréoscopique montée sur carton vert d’eau (mint green), présentant deux épreuves albuminées d’une scène urbaine new-yorkaise. L’image montre une passerelle piétonne métallique surélevée (elevated pedestrian bridge) enjambant une large rue, avec en arrière-plan un imposant immeuble commercial de cinq à six étages portant l’enseigne « KNOX » au sommet de la façade. Au premier plan, un chariot à bras et des bollards sont visibles sur la chaussée pavée. Des lampadaires à gaz bordent la passerelle.

1. PROCÉDÉ

Épreuves albuminées sur papier, format stéréoscopique, montées sur carton vert d’eau.

Indices justificatifs : – Tonalité chaude brun-sépia caractéristique de l’albumine, avec des nuances violacées dans les ombres profondes (bâtiments, ombres sous la passerelle). – Surface semi-brillante perceptible sur les zones claires du ciel et des façades. – Montage sur carton coloré — le vert d’eau est un coloris courant chez les éditeurs stéréoscopiques américains des années 1859–1870, notamment E. & H.T. Anthony et quelques éditeurs indépendants new-yorkais. – Format et découpe conformes aux standards stéréoscopiques américains de la période.

2. DATATION

Circa 1865–1870.

Indices : – L’enseigne KNOX renvoie à Knox Hat Company, le célèbre chapelier new-yorkais, dont le magasin principal était situé au croisement de Fulton Street et Broadway. L’immeuble Knox visible ici correspond à l’édifice commercial de la fin des années 1860. – La passerelle piétonne métallique (Fulton Street pedestrian bridge) est un élément caractéristique du réseau de passages surélevés construits à New York dans les années 1860 pour faciliter la traversée des artères très fréquentées, avant l’avènement du elevated railway (1870s). – Le style architectural des immeubles (néoclassique commercial, façades à arcades) est typique de Lower Manhattan des années 1860. – Le chariot à bras et l’absence totale de véhicule motorisé confirment une datation antérieure à 1880. – Le carton vert d’eau sans titre imprimé sur le recto est cohérent avec la période 1859–1872 de la stéréoscopie américaine.

3. SUJET

Fulton Street Bridge (passerelle piétonne), New York City, vue vers le nord-ouest ou le nord, avec en arrière-plan l’immeuble de la Knox Hat Company à l’angle de Fulton Street et Broadway.

La passerelle piétonne de Fulton Street était l’un des passages surélevés les plus connus de New York au milieu du XIXe siècle, permettant aux piétons de traverser l’intense trafic hippomobile de cette artère commerciale majeure reliant l’East River (Fulton Ferry) à Broadway.

Ce numéro correspond vraisemblablement au n° 163 de la liste-catalogue visible au verso des cartes précédentes : « 163 — Fulton Street Bridge ».

4. FORMAT

Vue stéréoscopique, format standard américain (~8,5 × 17,5 cm environ), montée sur carton vert d’eau.

– Pas de titre imprimé visible au recto. – Le verso comporte probablement la liste-catalogue numérotée (vues de New York, n° 150–189) déjà identifiée sur les cartes précédentes de cette même série. – Éditeur probable : E. & H.T. Anthony & Co. ou un éditeur stéréoscopique new-yorkais contemporain — le carton vert d’eau et la liste numérotée au verso sont des caractéristiques de cette maison.

5. LOCALISATION

New York City, Lower Manhattan — Fulton Street à hauteur de Broadway.

Indices : – Enseigne KNOX = Knox Hat Company, 212 Broadway (angle Fulton Street). – Architecture commerciale typique du quartier financier et commercial de Lower Manhattan. – Passerelle piétonne documentée historiquement à cet emplacement.

6. NOM DE FICHIER

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# Analyse Photocyborg

Ce que je vois

Une vue stéréoscopique montée sur carton vert d’eau (mint green), présentant deux épreuves albuminées d’une scène urbaine new-yorkaise. L’image montre une passerelle piétonne métallique surélevée (elevated pedestrian bridge) enjambant une large rue, avec en arrière-plan un imposant immeuble commercial de cinq à six étages portant l’enseigne « KNOX » au sommet de la façade. Au premier plan, un chariot à bras et des bollards sont visibles sur la chaussée pavée. Des lampadaires à gaz bordent la passerelle.

1. PROCÉDÉ

Épreuves albuminées sur papier, format stéréoscopique, montées sur carton vert d’eau.

Indices justificatifs : – Tonalité chaude brun-sépia caractéristique de l’albumine, avec des nuances violacées dans les ombres profondes (bâtiments, ombres sous la passerelle). – Surface semi-brillante perceptible sur les zones claires du ciel et des façades. – Montage sur carton coloré — le vert d’eau est un coloris courant chez les éditeurs stéréoscopiques américains des années 1859–1870, notamment E. & H.T. Anthony et quelques éditeurs indépendants new-yorkais. – Format et découpe conformes aux standards stéréoscopiques américains de la période.

2. DATATION

Circa 1865–1870.

Indices : – L’enseigne KNOX renvoie à Knox Hat Company, le célèbre chapelier new-yorkais, dont le magasin principal était situé au croisement de Fulton Street et Broadway. L’immeuble Knox visible ici correspond à l’édifice commercial de la fin des années 1860. – La passerelle piétonne métallique (Fulton Street pedestrian bridge) est un élément caractéristique du réseau de passages surélevés construits à New York dans les années 1860 pour faciliter la traversée des artères très fréquentées, avant l’avènement du elevated railway (1870s). – Le style architectural des immeubles (néoclassique commercial, façades à arcades) est typique de Lower Manhattan des années 1860. – Le chariot à bras et l’absence totale de véhicule motorisé confirment une datation antérieure à 1880. – Le carton vert d’eau sans titre imprimé sur le recto est cohérent avec la période 1859–1872 de la stéréoscopie américaine.

3. SUJET

Fulton Street Bridge (passerelle piétonne), New York City, vue vers le nord-ouest ou le nord, avec en arrière-plan l’immeuble de la Knox Hat Company à l’angle de Fulton Street et Broadway.

La passerelle piétonne de Fulton Street était l’un des passages surélevés les plus connus de New York au milieu du XIXe siècle, permettant aux piétons de traverser l’intense trafic hippomobile de cette artère commerciale majeure reliant l’East River (Fulton Ferry) à Broadway.

Ce numéro correspond vraisemblablement au n° 163 de la liste-catalogue visible au verso des cartes précédentes : « 163 — Fulton Street Bridge ».

4. FORMAT

Vue stéréoscopique, format standard américain (~8,5 × 17,5 cm environ), montée sur carton vert d’eau.

– Pas de titre imprimé visible au recto. – Le verso comporte probablement la liste-catalogue numérotée (vues de New York, n° 150–189) déjà identifiée sur les cartes précédentes de cette même série. – Éditeur probable : E. & H.T. Anthony & Co. ou un éditeur stéréoscopique new-yorkais contemporain — le carton vert d’eau et la liste numérotée au verso sont des caractéristiques de cette maison.

5. LOCALISATION

New York City, Lower Manhattan — Fulton Street à hauteur de Broadway.

Indices : – Enseigne KNOX = Knox Hat Company, 212 Broadway (angle Fulton Street). – Architecture commerciale typique du quartier financier et commercial de Lower Manhattan. – Passerelle piétonne documentée historiquement à cet emplacement.

6. NOM DE FICHIER

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# Analyse Photocyborg

Ce que je vois

Une vue stéréoscopique montée sur carton vert d’eau (mint green), présentant deux épreuves albuminées d’une scène urbaine new-yorkaise. L’image montre une passerelle piétonne métallique surélevée (elevated pedestrian bridge) enjambant une large rue, avec en arrière-plan un imposant immeuble commercial de cinq à six étages portant l’enseigne « KNOX » au sommet de la façade. Au premier plan, un chariot à bras et des bollards sont visibles sur la chaussée pavée. Des lampadaires à gaz bordent la passerelle.

1. PROCÉDÉ

Épreuves albuminées sur papier, format stéréoscopique, montées sur carton vert d’eau.

Indices justificatifs : – Tonalité chaude brun-sépia caractéristique de l’albumine, avec des nuances violacées dans les ombres profondes (bâtiments, ombres sous la passerelle). – Surface semi-brillante perceptible sur les zones claires du ciel et des façades. – Montage sur carton coloré — le vert d’eau est un coloris courant chez les éditeurs stéréoscopiques américains des années 1859–1870, notamment E. & H.T. Anthony et quelques éditeurs indépendants new-yorkais. – Format et découpe conformes aux standards stéréoscopiques américains de la période.

2. DATATION

Circa 1865–1870.

Indices : – L’enseigne KNOX renvoie à Knox Hat Company, le célèbre chapelier new-yorkais, dont le magasin principal était situé au croisement de Fulton Street et Broadway. L’immeuble Knox visible ici correspond à l’édifice commercial de la fin des années 1860. – La passerelle piétonne métallique (Fulton Street pedestrian bridge) est un élément caractéristique du réseau de passages surélevés construits à New York dans les années 1860 pour faciliter la traversée des artères très fréquentées, avant l’avènement du elevated railway (1870s). – Le style architectural des immeubles (néoclassique commercial, façades à arcades) est typique de Lower Manhattan des années 1860. – Le chariot à bras et l’absence totale de véhicule motorisé confirment une datation antérieure à 1880. – Le carton vert d’eau sans titre imprimé sur le recto est cohérent avec la période 1859–1872 de la stéréoscopie américaine.

3. SUJET

Fulton Street Bridge (passerelle piétonne), New York City, vue vers le nord-ouest ou le nord, avec en arrière-plan l’immeuble de la Knox Hat Company à l’angle de Fulton Street et Broadway.

La passerelle piétonne de Fulton Street était l’un des passages surélevés les plus connus de New York au milieu du XIXe siècle, permettant aux piétons de traverser l’intense trafic hippomobile de cette artère commerciale majeure reliant l’East River (Fulton Ferry) à Broadway.

Ce numéro correspond vraisemblablement au n° 163 de la liste-catalogue visible au verso des cartes précédentes : « 163 — Fulton Street Bridge ».

4. FORMAT

Vue stéréoscopique, format standard américain (~8,5 × 17,5 cm environ), montée sur carton vert d’eau.

– Pas de titre imprimé visible au recto. – Le verso comporte probablement la liste-catalogue numérotée (vues de New York, n° 150–189) déjà identifiée sur les cartes précédentes de cette même série. – Éditeur probable : E. & H.T. Anthony & Co. ou un éditeur stéréoscopique new-yorkais contemporain — le carton vert d’eau et la liste numérotée au verso sont des caractéristiques de cette maison.

5. LOCALISATION

New York City, Lower Manhattan — Fulton Street à hauteur de Broadway.

Indices : – Enseigne KNOX = Knox Hat Company, 212 Broadway (angle Fulton Street). – Architecture commerciale typique du quartier financier et commercial de Lower Manhattan. – Passerelle piétonne documentée historiquement à cet emplacement.

6. NOM DE FICHIER

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# Analyse Photocyborg

Ce que je vois

Une vue stéréoscopique montée sur carton vert d’eau (mint green), présentant deux épreuves albuminées d’une scène urbaine new-yorkaise. L’image montre une passerelle piétonne métallique surélevée (elevated pedestrian bridge) enjambant une large rue, avec en arrière-plan un imposant immeuble commercial de cinq à six étages portant l’enseigne « KNOX » au sommet de la façade. Au premier plan, un chariot à bras et des bollards sont visibles sur la chaussée pavée. Des lampadaires à gaz bordent la passerelle.

1. PROCÉDÉ

Épreuves albuminées sur papier, format stéréoscopique, montées sur carton vert d’eau.

Indices justificatifs : – Tonalité chaude brun-sépia caractéristique de l’albumine, avec des nuances violacées dans les ombres profondes (bâtiments, ombres sous la passerelle). – Surface semi-brillante perceptible sur les zones claires du ciel et des façades. – Montage sur carton coloré — le vert d’eau est un coloris courant chez les éditeurs stéréoscopiques américains des années 1859–1870, notamment E. & H.T. Anthony et quelques éditeurs indépendants new-yorkais. – Format et découpe conformes aux standards stéréoscopiques américains de la période.

2. DATATION

Circa 1865–1870.

Indices : – L’enseigne KNOX renvoie à Knox Hat Company, le célèbre chapelier new-yorkais, dont le magasin principal était situé au croisement de Fulton Street et Broadway. L’immeuble Knox visible ici correspond à l’édifice commercial de la fin des années 1860. – La passerelle piétonne métallique (Fulton Street pedestrian bridge) est un élément caractéristique du réseau de passages surélevés construits à New York dans les années 1860 pour faciliter la traversée des artères très fréquentées, avant l’avènement du elevated railway (1870s). – Le style architectural des immeubles (néoclassique commercial, façades à arcades) est typique de Lower Manhattan des années 1860. – Le chariot à bras et l’absence totale de véhicule motorisé confirment une datation antérieure à 1880. – Le carton vert d’eau sans titre imprimé sur le recto est cohérent avec la période 1859–1872 de la stéréoscopie américaine.

3. SUJET

Fulton Street Bridge (passerelle piétonne), New York City, vue vers le nord-ouest ou le nord, avec en arrière-plan l’immeuble de la Knox Hat Company à l’angle de Fulton Street et Broadway.

La passerelle piétonne de Fulton Street était l’un des passages surélevés les plus connus de New York au milieu du XIXe siècle, permettant aux piétons de traverser l’intense trafic hippomobile de cette artère commerciale majeure reliant l’East River (Fulton Ferry) à Broadway.

Ce numéro correspond vraisemblablement au n° 163 de la liste-catalogue visible au verso des cartes précédentes : « 163 — Fulton Street Bridge ».

4. FORMAT

Vue stéréoscopique, format standard américain (~8,5 × 17,5 cm environ), montée sur carton vert d’eau.

– Pas de titre imprimé visible au recto. – Le verso comporte probablement la liste-catalogue numérotée (vues de New York, n° 150–189) déjà identifiée sur les cartes précédentes de cette même série. – Éditeur probable : E. & H.T. Anthony & Co. ou un éditeur stéréoscopique new-yorkais contemporain — le carton vert d’eau et la liste numérotée au verso sont des caractéristiques de cette maison.

5. LOCALISATION

New York City, Lower Manhattan — Fulton Street à hauteur de Broadway.

Indices : – Enseigne KNOX = Knox Hat Company, 212 Broadway (angle Fulton Street). – Architecture commerciale typique du quartier financier et commercial de Lower Manhattan. – Passerelle piétonne documentée historiquement à cet emplacement.

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3·1 — L’Ancien Tribunal de Plymouth, New Hampshire, 1860. Daniel Webster, 1806.

Une photographie datée de 1860, publiée dans History of Plymouth, New Hampshire (1906). Le bâtiment représenté : l’Old Grafton County Courthouse, reconverti en atelier de charron (wheelwright shop) après avoir été déplacé au sud du village.

Le bâtiment

Construit en 1774, à l’angle de Russell et Pleasant Streets, Plymouth NH — l’un des deux tribunaux du Comté de Grafton. En 1823, il est remplacé par un bâtiment en brique plus solide. L’ancien bâtiment est physiquement déplacé et reconverti en atelier artisanal. En 1860, la photographie le montre dans ce nouvel usage — un bâtiment qui a changé de vocation mais pas de place dans la mémoire locale.

Daniel Webster ici, 1806

En 1806, un jeune avocat de 24 ans, natif du New Hampshire, plaide l’un de ses premiers procès dans ce tribunal : Daniel Webster.

Il perd. Son client est pendu.

Il n’en deviendra pas moins l’un des plus grands orateurs et politiciens américains de la première moitié du XIXe siècle — sénateur du Massachusetts, deux fois Secrétaire d’État, figure centrale du droit constitutionnel américain dans les décennies qui précèdent la guerre civile.

La photographie comme mémoire du lieu

En 1860, quand cette photographie est prise, Webster est mort depuis huit ans. Lincoln vient d’être élu président. Dans quelques mois, il passera non loin de Plymouth lors de son voyage inaugural vers Washington.

La photographie documente un bâtiment ordinaire devenu atelier. Mais la légende — “where Daniel Webster made his first Plea for Jury” — transforme l’image : le bâtiment ordinaire devient lieu de mémoire, le premier échec d’un grand homme devient fondation d’une légende.

C’est exactement ce que fait la photographie américaine des années 1860 : fixer les lieux avant qu’ils ne disparaissent, construire une mémoire nationale à partir de bâtiments, de portraits, de batailles.

Exercice de lecture

– Identifier le procédé : tirage sur papier salé ou albumine — 1860
– Lire la légende : elle donne le sens, sans elle le bâtiment est anonyme
– Comprendre l’usage : documentation historique locale, publiée 46 ans plus tard
– Relier au contexte : 1860, année de l’élection de Lincoln, veille de la guerre civile

Code ECP : 3·1 — période 3 (1860-1870), région 1 (États-Unis/Nouvelle-Angleterre).

La deuxième vie du bâtiment

Dans les années 1870, le bâtiment centenaire est abandonné et en mauvais état. Mais son lien avec les débuts de Daniel Webster attire l’attention d’Henry W. Blair, Congressman et futur Sénateur du New Hampshire, qui l’achète en 1876.

Blair le fait déplacer à son emplacement actuel, le rénove, puis le donne à la Young Ladies’ Library Association pour en faire une bibliothèque publique. Le petit bâtiment abrite la bibliothèque de Plymouth jusqu’en 1991, date à laquelle la Pease Public Library actuelle est construite.

Depuis, le bâtiment historique accueille le Plymouth Historical Museum.

Un bâtiment de 1774 — tribunal, atelier de charron, bibliothèque, musée. Chaque transformation documentée. La photographie de 1860 fixe l’un de ces états intermédiaires, entre la justice et l’artisanat, avant la renaissance culturelle.

2·33 — Nadar et les acteurs des théâtres de boulevard, Paris, 1853

En 1853, Gaspard-Félix Tournachon, dit Nadar (1820-1910), n’est pas encore le photographe des célébrités du tout-Paris. Il est un caricaturiste reconnu, collaborateur du Charivari et du Journal pour rire, qui vient de découvrir la photographie comme prolongement de son regard sur les visages et les personnages de son époque.

Son premier studio, rue Saint-Lazare, accueille une clientèle de bohèmes, d’artistes et d’acteurs — les gens du spectacle, du théâtre de boulevard, du music-hall naissant.

Les théâtres de boulevard

Le “boulevard du Crime” — le Boulevard du Temple — est au cœur de la vie théâtrale populaire parisienne. Les théâtres se succèdent : les Funambules (les mimes, Deburau), la Gaîté, l’Ambigu-Comique, les Délassements-Comiques. Acteurs, acrobates, mimes, chanteuses — toute une humanité du spectacle que Nadar va photographier avant que les grands travaux d’Haussmann ne rasent le boulevard en 1862.

1853 : les théâtres sont encore vivants. Nadar y va, il connaît ces gens, il a caricaturé certains d’entre eux. Il les photographie avec la même attention mordante qu’il mettait dans ses dessins.

Le portrait comme reconnaissance

Avant Nadar, le portrait photographique était solennel, figé, officiel. Nadar introduit une relation différente avec son sujet : il connaît ses modèles, il parle avec eux, il attend le moment où le visage révèle quelque chose de vrai.

Les acteurs de boulevard n’ont pas peur de l’objectif. Ils vivent du regard des autres. Ils donnent à Nadar ce qu’il cherche — une présence, une personnalité, pas une pose.

Exercice de lecture

– Identifier le procédé : calotype ou collodion humide → 1852-1855
– Reconnaître le style Nadar : lumière directe, fond neutre, regard frontal, absence de mise en scène
– Dater : avant 1862 (démolition du boulevard du Temple par Haussmann)
– Comprendre le contexte : photographe et caricaturiste, le même œil

Code ECP : 2·33 — période 2 (1850-1870), région 33 (France/Paris).

2·33 — Caserne du Château d’Eau « Prince Eugène », Paris, c.1854

Caserne Prince Eugene, chantier c.1854
Caserne du Château d’Eau « Prince Eugène », Paris, c.1854. Albumine ~18×12 cm.
Légende manuscrite
Détail : légende manuscrite et affiches sur les palissades du chantier.

Épreuve albuminée, 18×12 cm, montée sur carton beige. En bas, à la main, cursive de fonctionnaire : “caserne du Château d.Eau « Prince Eugène »”.

Le chantier

La Caserne du Château d’Eau, rebaptisée Caserne Prince Eugène — aujourd’hui Caserne Vérines, place de la République — est construite entre 1854 et 1857. Elle fait partie du grand dispositif haussmannien de réorganisation militaire de Paris : contrôler les quartiers populaires du nord-est, neutraliser les foyers d’insurrection.

La photographie montre le chantier en pleine activité : deux grues métalliques à treillis, blocs de pierre empilés, palissades couvertes d’affiches immobilières — locations, ventes, hôtels meublés. Le quartier est en transformation, les anciens commerces se relocalisant.

La photographie de chantier comme genre

Dès les années 1850, les grandes administrations parisiennes commandent des albums photographiques de leurs chantiers. Chaque étape documentée : fondations, structure, achèvement. La légende manuscrite soignée — main de fonctionnaire des Bâtiments de Paris — confirme l’usage officiel de ces épreuves.

Charles Marville, photographe du Musée Impérial du Louvre, est le spécialiste de cette documentation. Ce style, cet angle en surplomb, ce format — caractéristiques de sa production des années 1854-1857.

Les affiches sur les palissades

Lisibles en HD : annonces de locations, d’hôtels, de maisons à vendre. Le chantier haussmannien déplace une population entière — les palissades deviennent le tableau d’affichage des déplacés qui cherchent à se reloger.

Un document social autant qu’architectural.

Exercice de lecture

– Identifier le format : carte album (~18×12 cm), albumine sur carton
– Lire la légende manuscrite : cursive officielle, nom du bâtiment, titre honorifique
– Dater : chantier 1854-1857 — épreuve c.1854 (fondations et première structure)
– Observer les détails : affiches, grues, ouvriers, immeubles déjà construits

Code ECP : 2·33 — période 2 (1850-1870), région 33 (France/Paris haussmannien).

3·33 — L. Lafon, Stand n°9, Exposition Universelle de Paris, 1867

L. Lafon — Stand n°9, Exposition Universelle Paris 1867
L. Lafon — Stand n°9, Exposition Universelle de Paris, 1867. Grand tirage albumine ~40×32 cm.
Signature L. Lafon
Détail de la signature : L. Lafon, bas droit du tirage.

Grand tirage albumine non monté, environ 40×32 cm. En bas à droite, la signature : “L. Lafon”. Au premier plan : le stand numéro 9 — vitrine de forge ou coutellerie, boiseries rococo, établi, enclume, soufflet, outils.

L. Lafon — photographe des expositions industrielles

L. Lafon est répertorié dans le dictionnaire des photographes français (Le Grand Durand). Spécialisé dans la documentation industrielle et les expositions universelles, il travaille dans les années 1860-1870 pour des commanditaires institutionnels ou des exposants qui souhaitent conserver une trace visuelle de leur participation.

L’Exposition Universelle de Paris, 1867

La grande exposition de Napoléon III réunit 52 000 exposants sur le Champ-de-Mars. Pour la première fois, les stands industriels sont systématiquement photographiés — à la fois pour les catalogues officiels et pour les exposants eux-mêmes, qui commandent des tirages en souvenir de leur participation.

Le stand n°9 présente un atelier de forge ou de coutellerie reconstitué : enclume, soufflet, outils au mur, boiseries rococo du pavillon français. La lumière zénithale traverse les verrières de la grande nef. À travers la porte vitrée, d’autres stands de l’exposition.

La photographie industrielle comme nouveau genre

Avant 1850, la photographie documente les monuments, les portraits, les paysages. À partir des Expositions Universelles (Londres 1851, Paris 1855, 1867), un nouveau genre émerge : la photographie industrielle. Documenter les produits, les machines, les procédés de fabrication.

Lafon travaille dans ce genre : pas d’artistique, pas de composition, mais une précision documentaire — montrer l’objet, l’espace, le contexte.

Exercice de lecture

– Identifier le format : grand tirage non monté, sans carton → documentation professionnelle
– Lire la signature : position, style, nom
– Comprendre le contexte : exposition universelle, stand numéroté
– Dater : boiseries rococo du Second Empire → 1867

Code ECP : 3·33 — période 3 (1860-1870), région 33 (France/Paris).

2·39 — Firenze, Anfiteatro di Boboli. Albumine, c.1870. Alinari ou Brogi.

Firenze — Anfiteatro di Boboli, albumine c.1870.
Firenze — Anfiteatro di Boboli, albumine c.1870.
Légende imprimée : FIRENZE. Anfiteatro di Boboli.
Légende imprimée : FIRENZE. Anfiteatro di Boboli.

Grande épreuve albuminée sur carton. Au bas, imprimé : “FIRENZE. Anfiteatro di Boboli.”

L’Anfiteatro di Boboli

L’Anfiteatro di Boboli est le cœur monumental du jardin de Boboli, derrière le Palazzo Pitti. Conçu au XVIe siècle pour les spectacles des Médicis, il est restructuré au XVIIe siècle sous sa forme ovale actuelle. En son centre : un obélisque égyptien de la Villa Medici et une fontaine à vasque de granit provenant des Thermes de Caracalla.

La vue photographiée — depuis la loggia supérieure en plongée sur l’ovale — est l’une des plus reproduites par les grandes maisons photographiques florentines.

Alinari et Brogi — l’industrie photographique italienne

Dans les années 1860-1880, deux maisons dominent la photographie monumentale en Italie :

Fratelli Alinari (fondée 1852) — la plus ancienne et la plus importante. Leur catalogue couvre toute l’Italie : architecture, sculpture, peinture, paysage. Numéros de négatifs souvent visibles en bas à droite.

Giacomo Brogi (actif 1860-1900) — concurrent direct d’Alinari, spécialisé dans les vues toscanes. Qualité comparable, style légèrement plus commercial.

Ces deux maisons transforment la photographie monumentale en industrie : catalogue, distribution, tourisme culturel.

Le titre imprimé comme garantie

L’indication “FIRENZE. Anfiteatro di Boboli.” imprimée sur le carton est la marque de fabrique des grandes maisons : identification précise, présentation soignée, pour un marché de collectionneurs et de voyageurs cultivés.

Exercice de lecture

– Identifier le format : albumine sur carton imprimé → grande maison photographique
– Lire la légende : lieu, sujet, nom de la maison (si visible)
– Dater : style du carton, typographie → 1865-1880
– Comprendre le marché : tourisme culturel, Grand Tour photographique

Code ECP : 2·39 — période 2 (1850-1870/1880), région 39 (Italie/Florence).

2·33 — Charles Soulier, Suisse et Savoie, Photographe de l’Empereur, c.1865

Ch. Soulier — Lac alpin, Suisse/Savoie, format ovale, c.1865.
Ch. Soulier — Lac alpin, Suisse/Savoie, format ovale, c.1865.
Ch. Soulier — Cascade alpine, format ovale, c.1865.
Ch. Soulier — Cascade alpine, format ovale, c.1865.

Deux épreuves albuminées au format ovale, montées sur carton. Au bas : “Ch. Soulier / Photog. de l’Empereur / Suisse · Savoie / Publié à Paris, 191 Boulevard Sébastopol”.

Le photographe de l’Empereur

Charles Soulier (actif 1857-1875) est le spécialiste des vues stéréoscopiques et des albums de voyage sous le Second Empire. Son titre — Photographe de l’Empereur — date ses travaux d’avant 1870, la chute de Napoléon III.

Son adresse, 191 Boulevard Sébastopol, le place dans le Paris haussmannien au cœur de la production photographique commerciale.

La Suisse et la Savoie comme destination de luxe

La Savoie est rattachée à la France en 1860. Immédiatement, elle devient une destination touristique de premier plan pour la bourgeoisie du Second Empire : thermes, hôtels de montagne, lacs, cascades. Les grandes maisons photographiques y envoient leurs opérateurs pour constituer des albums vendus aux voyageurs.

Soulier documente deux sujets :
– Un lac avec vapeur à l’horizon — probablement le lac Léman ou le lac du Bourget
– Une cascade alpine majeure — probablement la Cascade du Rouget ou Pissevache en Valais

Le format ovale

Le format ovale est une convention esthétique du Second Empire : il arrondit la composition, adoucit les bords, donne à l’image un aspect de médaillon précieux. Utilisé surtout pour les portraits, Soulier l’applique aux paysages — une élégance commerciale calculée.

Exercice de lecture

– Identifier le format : ovale, albumine sur carton → convention esthétique 1860-1870
– Lire le carton : photographe, titre officiel, adresse, région
– Dater : “Photographe de l’Empereur” → avant 1870
– Comprendre le marché : albums de voyage, tourisme de luxe, souvenir alpin

Code ECP : 2·33 — période 2 (1850-1870), région 33 (France/Savoie).

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