4·39-albumine-Sommer-spidocchiatrice-napoli

FICHE COMPLÈTE — « Spidocchiatrice » : femme âgée épouillant deux jeunes garçons, scène de genre napolitaine en studio

Note liminaire : numérisation d’une photographie présentée sous passe-partout crème moderne à biseau (contexte d’exposition ou de portefeuille de conservation). Lumière ambiante correcte, dominante chaude modérée — le diagnostic croise donc les indices matériels au-delà de la seule teinte.

1. PROCÉDÉ

Tirage positif par noircissement direct, tonalité brun-sépia chaude, monté (le montage n’est pas visible sous le passe-partout). Les indices convergent vers un tirage albuminé d’après négatif verre au collodion humide :

  • Finesse de détail élevée (texture du châle, plis des vêtements, ustensiles) incompatible avec un négatif papier
  • Gamme tonale typique de l’albumine : hautes lumières crémeuses légèrement jaunies, ombres profondes bouchées (dessous de la table, cheveux)
  • Grand format de studio commercial — production sérielle destinée au marché touristique
  • Numéro d’inventaire « 11618 » dans un cartouche en bas à gauche, inscrit dans le négatif (blanc en réserve) : pratique caractéristique des grands ateliers commerciaux italiens qui numérotaient leurs négatifs pour les catalogues de vente

2. DATATION

1870s, probablement 1870–1880 :

  • Le genre des *costumi napoletani* mis en scène en studio connaît son apogée commercial dans les années 1865–1885
  • La numérotation à cinq chiffres suppose un catalogue déjà très étoffé — pas avant la fin des années 1860
  • Fond de studio neutre avec toile relevée visible à gauche (le dispositif est assumé, non dissimulé), sol peint en trompe-l’œil imitant un pavement usé : mise en scène typique des années 1870

3. SUJET

Scène de genre dite « la spidocchiatrice » (l’épouilleuse) — l’un des sujets les plus célèbres du répertoire pittoresque napolitain :

  • Une femme âgée, châle épais croisé sur la poitrine, cheveux tirés en chignon, assise sur une chaise paillée, épouille la tête d’un jeune garçon appuyé contre ses genoux (à droite), chemise blanche ouverte, pantalon rapiécé, pieds nus
  • Un second garçon, assis au sol à gauche, veste sombre sur torse nu, semble s’épouiller lui-même ou examiner sa chemise — chaîne de l’épouillage, motif comique traditionnel
  • Accessoires soigneusement composés : table basse rustique avec lucerna napoletana (lampe à huile en laiton à réflecteur) et plat ; au sol, fornacella (réchaud en terre cuite) supportant une casserole en cuivre, et cruche à deux anses vernissée
  • Le sujet dérive de l’iconographie picturale (les *Spulciatrici* caravagesques, Murillo) transposée en tableau vivant photographique

4. ATELIER ET PHOTOGRAPHE

Pas de verso ni de tampon visible. Attribution par indices :

  • La numérotation en cartouche dans le négatif, le style de mise en scène, les accessoires récurrents (fornacella, lucerna, chaise paillée) et le sujet lui-même orientent fortement vers un grand atelier napolitain : Giorgio Sommer en premier lieu (qui a produit plusieurs versions de la *spidocchiatrice* dans ses séries *Costumi di Napoli*), sinon Achille Mauri ou l’atelier Conrad/Esposito
  • La graphie du numéro « 11618 » devra être confrontée aux catalogues Sommer — sa série des costumi occupe des plages de numérotation documentées
  • Attribution proposée avec réserve : Giorgio Sommer, Naples

5. LOCALISATION

Naples — prise de vue en studio. Tous les accessoires (fornacella, lucerna, céramique vernissée) et le type même du sujet appartiennent au répertoire napolitain destiné au Grand Tour.

6. ÉTAT DE CONSERVATION

  • Jaunissement général et affaiblissement des hautes lumières (oxydation typique de l’albumine)
  • Ombres encore denses, image lisible
  • Traces de manipulation et petites taches dans les zones claires du fond
  • Bord supérieur du fond de studio et sa fixation visibles — inhérent à la prise de vue, non un défaut
  • Montage actuel sous passe-partout moderne : le montage d’origine (et un éventuel verso informatif) est inaccessible

7. COTE

COTE : 4·39-albumine-Sommer-spidocchiatrice-napoli

(Attribution Sommer à confirmer ; si elle tombe, remplacer par « atelier-napolitain-inconnu ».)

8. POINTS À VÉRIFIER

1. Confronter le numéro 11618 aux catalogues Sommer (et Sommer & Behles avant 1874) — la plage de numérotation permettrait de trancher l’attribution et de resserrer la date

2. Démonter ou examiner le verso : tampon d’atelier, mention de série, légende imprimée éventuelle

3. Comparer avec les autres versions connues de la *spidocchiatrice* (Sommer, Mauri) : mêmes modèles ? mêmes accessoires ? Les enfants-modèles récurrents des studios napolitains sont parfois identifiables d’une image à l’autre

4. Examiner la surface en lumière rasante : albumine franche ou éventuel tirage tardif au citrate d’après le même négatif (les grands ateliers ont retiré leurs négatifs jusque vers 1900)

5. Vérifier si le cartouche du numéro est gratté dans le négatif ou étiquette collée sur le tirage — cela distingue tirage d’époque et retirage

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Cote 4·39-albumine-Sommer-spidocchiatrice-napoli — Catalogue Atelier41.