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2·39-albumine-Ninci-Castel-sant-Angelo

Examen

# Analyse Photocyborg — Fiche complète

## 1. PROCÉDÉ

**Épreuve albuminée sur papier, grand format, montée sur carton crème épais.**

Indices justificatifs :
– **Tonalité sépia chaude** profonde et uniforme, avec des nuances violacées marquées dans les ombres profondes des maçonneries du Castel Sant’Angelo, des arches du pont et des reflets sur le Tibre — signature classique de l’albumine.
– **Surface semi-brillante** perceptible sur les zones claires du ciel et les reflets dans l’eau — caractéristique du liant albuminé.
– **Montage sur carton crème épais** visible sur tout le pourtour de l’image, avec des marges régulières — présentation typique des grands formats de vues romaines destinés au marché touristique.
– **Finesse des détails** dans les sculptures du pont (statues d’anges sur le Ponte Sant’Angelo), les maçonneries du château et la coupole de Saint-Pierre en arrière-plan — cohérent avec un négatif sur verre au collodion humide de bonne qualité.
– **Inscription manuscrite** en bas à gauche sur le carton : « Ninci » — nom du photographe ou de l’éditeur.
– **Cachet sec ou tampon imprimé** visible en bas à droite sur le carton, partiellement lisible : « STABILIMENTO FOTOGRAFICO / G. NINCI & C. / […] / ROMA ».

## 2. DATATION

**Circa 1865–1880.**

Éléments de datation :
– **Procédé albuminé grand format** à partir d’un négatif collodion sur verre : période de pleine production 1860–1885.
– **Le Castel Sant’Angelo** présente encore la **statue de l’archange Michel** au sommet (la version en bronze de Peter Anton von Verschaffelt, installée en 1752, toujours en place). L’absence de constructions modernes sur les berges et l’aspect des quais du Tibre **avant les travaux d’endiguement des muraglioni** (commencés en 1876, achevés dans les années 1890) est un indice important : les berges terreuses et non aménagées, le mur de soutènement brut à droite, l’absence de lungotevere bâti — tout cela indique une prise de vue **antérieure à l’achèvement des quais**, donc probablement **avant 1885**, et vraisemblablement dans les **années 1865–1878**.
– **L’immeuble à gauche** (bâtiment massif directement au bord du fleuve, typique de l’urbanisme romain pré-unitaire) sera en partie modifié ou masqué par les travaux d’endiguement.
– **L’activité de Giuseppe Ninci à Rome** est documentée dans les années 1860–1880.
– **Le format de présentation** (grand tirage monté sur carton avec inscription manuscrite et cachet imprimé) est typique de la production commerciale romaine pour les touristes du Grand Tour tardif, années 1860–1870.

Fourchette retenue : **1865c–1878c**.

## 3. SUJET

**Vue du Tibre avec le Ponte Sant’Angelo et le Castel Sant’Angelo, Rome, avec la coupole de la Basilique Saint-Pierre en arrière-plan.**

La prise de vue est effectuée depuis un point situé en **aval** (sud-est) du Ponte Sant’Angelo, probablement depuis le **Ponte Umberto I** (qui n’existait pas encore — donc depuis une berge ou une embarcation, ou depuis le Ponte Sant’Angelo lui-même vu en enfilade… non : le pont est vu de face). Plus probablement depuis la **rive gauche (est) du Tibre**, légèrement en aval, au niveau de l’actuel Lungotevere Tor di Nona ou d’un bâtiment riverain.

Éléments visibles :
– **À gauche** : un grand immeuble romain (palazzo) dont la façade plonge directement dans le Tibre — architecture typique des bords du fleuve avant les travaux d’endiguement.
– **Au centre** : le **Ponte Sant’Angelo** (ancien Pons Aelius, construit sous Hadrien en 134 ap. J.-C.), avec ses cinq arches visibles et les **statues d’anges** sur les balustrades (les dix statues commandées par Clément IX au Bernin et à ses élèves, installées en 1669).
– **En arrière-plan central** : la **coupole de Saint-Pierre** de Michel-Ange, dominant la skyline romaine — l’axe Ponte Sant’Angelo / Castel Sant’Angelo / Saint-Pierre est l’un des points de vue les plus photographiés de Rome au XIXe siècle.
– **À droite** : le **Castel Sant’Angelo** (Mausolée d’Hadrien, 135 ap. J.-C., transformé en forteresse papale), masse cylindrique imposante avec ses bastions, sa terrasse supérieure et la **statue de l’archange Michel** au sommet.
– **Au premier plan** : le Tibre aux eaux calmes (pose longue probable), avec des reflets parfaits du pont et du château. La berge droite montre des murs de soutènement bruts, des talus de terre et de végétation — état pré-muraglioni.

Ce point de vue est un **classique absolu** de la photographie romaine du XIXe siècle, produit par tous les grands ateliers (Anderson, Alinari, Sommer, Ninci, Molins, Cuccioni, etc.).

## 4. ATELIER ET PHOTOGRAPHE

**Giuseppe Ninci & C., Rome.**

– **Inscription manuscrite** en bas à gauche du carton : « Ninci » — graphie soignée, probablement de la main du photographe ou d’un employé de l’atelier.
– **Cachet imprimé** en bas à droite du carton, partiellement lisible : **« STABILIMENTO FOTOGRAFICO / G. NINCI & C. / […] / ROMA »** — cachet typographique en forme de cartouche ovale ou circulaire.

Giuseppe Ninci est un photographe professionnel actif à Rome dans la seconde moitié du XIXe siècle, spécialisé dans les vues monumentales et les reproductions d’œuvres d’art destinées au marché touristique. Son atelier (« Stabilimento Fotografico ») produit des épreuves albuminées grand format de très bonne qualité technique. Il appartient à la génération des photographes romains commerciaux qui succèdent aux pionniers (Caneva, Flachéron, Luswergh) et qui sont contemporains de Gioacchino Altobelli, Pompeo Molins, Tommaso Cuccioni, et — à

Cote 2·39-albumine-Ninci-Castel-sant-Angelo — Catalogue Atelier41.